mercredi 30 juillet 2008

KAOCEN, HEROS TOUAREG DE LA RESISTANCE AFRICAINE



par JA08, le 26 Juillet 2008 à 11:26
Texte de Hélène Claudot-Hawad

« Touaregs, apprivoiser le désert » Ed. Gallimard « Découvertes » Passé le temps des premiers explorateurs puis celui des scientifiques, vient le temps des militaires qui pénètrent le Sahara. Des expéditions sont lancées sous le commandement de Flatters qui en 1881 voit sa colonne massacrée en Algérie par les Touaregs hostiles à la pénétration française. Vers la fin du XIX eme la France occupe In Salah, Tombouctou et Agadez en 1906. En ce début de siècle, la société touarègue est en état de choc, les revers militaires affectent tous les pôles politiques, du nord au sud et de l’est à l’ouest, le défaitisme atteignant une partie de l’opinion.
Dès les premiers affrontements avec l’armée coloniale, une polémique s’est engagée chez les Touaregs sur la manière d’organiser la résistance. Les uns veulent lutter dans le respect des valeurs anciennes, d’autres choisissent l’exil . De ces mouvements d’exode vers le Kaouar, le Tibesti, le Fezzan, le Tafilalet, le Darfour et le Kanem naît la résistance. Parmi eux, figure la Senoussiya, confrérie musulmane dont l’influence grandit en Libye contraignant, avec l’aide des Touaregs, les Italiens a évacuer le Fezzan en janvier 1915.

« Issu de ce contexte, un nouveau leader de la résistance, Kaocen, fait son apparition. Parti avec la vague d’émigration qui quitta l’Aïr après la défaite touarègue d’Egatregh en 1899, Kaocen ag Kedda de la tribu des Igerzawen appartient à la puissante confédération des Ikazkzen de l’Aïr. En quête d’une solution pour libérer le pays touareg, il manifeste très tôt ses capacités de fédérateur et de stratège dans une guerre moderne où il faut inventer des ripostes d’un nouveau type. Il lui faudra dix sept ans pour atteindre son objectif, c’est à dire se trouver à la tête d’une armée équipée et organisée pour la guerre moderne.

L’insurrection des Touaregs du Gourma et des Iwellemmeden
En décembre 1915, le Gourma, région touarègue du Sud-Ouest se soulève. A son tour en février 1916, le chef des Iwellemmeden de l’Ouest, Firhoun, s’enfuit de la prison de Gao et prend la tête de l’insurrection ouverte contre l’occupation française qui va rapidement tourner court. Le désastre militaire d’Andéramboukane, le 9 mai, est suivi du massacre des Iwellemmeden alors qu’ils avaient déposé les armes ; Firhoun parvient à s’enfuir, mais il est tué en juin par des auxiliaires Kel Ahaggar de l’armée française. La répression de ces mouvements, menée avec l’aide des Sahariens soumis à l’autorité coloniale, se prolongera jusqu’à juillet 1916. Les sédentaires Songhay qui ont aidé les Touaregs en leur fournissant armes, vivres et renseignements seront eux aussi sévèrement châtiés et leurs villages rasés.
Dans l’Ajjer également, les attaques s’intensifient et les français doivent abandonner leur poste militaire de Djanet en mars 1916. En décembre, le Père de Foucauld, qui renseignait l’armée coloniale sur les mouvements touaregs, est assassiné dans l’Ahaggar.

La jonction des résistances de l’extérieur et de l’intérieur
En décembre 1916, Kaocen entre clandestinement dans l’Aïr avec ses troupes et rejoint le campement principal des Ikazkazen dans la vallée d’Amantaden. Il prône l’union de tous pour chasser les Français non seulement de l’ensemble du pays touareg mais aussi de ses marges. La majorité des guerriers présents se rallie à son armée qui, après une marche d’une nuit, le 13 décembre 1916, encercle et occupe la ville d’Agadez. De tous le pays touareg affluent des délégations qui viennent rejoindre les insurgés. Même Moussa ag Amastane, le chef de l’Ahaggar sous tutelle française fait une brève apparition. Mais au cours de ces trois mois de siège, le canon de Kaocen ne parvient pas à détruire le poste militaire ennemi. C’est le début d’une longue série d’affrontements qui avec la mobilisation de toutes les forces françaises et de leurs alliés, aboutit aux replis successifs des combattants hors d’Agadez en juillet 1917, puis de l’Aïr en mars 1918. Chaque bataille perdue entraine son contingent de démissions et de soumissions, tandis que le camp des irréductibles poursuivra la résistance hors de l’Aïr.

Le retour au désert
Pour les Touaregs acculés par les colonnes françaises, trois solutions se profilent : la soumission, le combat jusqu’à l’extinction ou l’exil qui donnera la possibilité de reconstruire une nouvelle base. Kaocen choisit l’exil, emmenant avec lui « tout enfant de six ou sept ans dont le père est au combat » afin d’assurer la relève future. Alors, par l’unique faille qui reste : le désert en plein cœur de l’été, commence une échappée que l’adversaire n’avait pas prévue.
Pour reconstituer ses forces, Kaocen est à la recherche d’alliés. Mais son association avec des partis rivaux lui sera fatale. Parti récupérer des armes cachées par la Senoussiya, il tombe le 5 janvier 1919, dans un guet-apens tendus par ses alliés turcs qui le pendent. Après avoir supporté un siège de trois mois à Zawilah, les combattants touaregs se replient à Gatroun pour une ultime bataille. Les guerriers sont décimés et la résistance touarègue vaincue. Il est convenu que les enfants, les vieillards, les blessés, accompagnés de quelques guerriers valides pour les protéger , partent faire leur soumission. Après avoir parcouru à pied près de sept cents kilomètres, ils arrivent à Bilma où les autorités les envoient à Zinder. Ils devront encore marcher pendant plus de mille kilomètres. Quant-aux autres guerriers sous la conduiote de Tagama, le chef-arbitre de l’Aïr, ils préfèrent mener la résistance jusqu’à la fin. Tagama est capturé un peu plus tard par les Français, emprisonné à Agadez et tué dans sa cellule. Certains de ses compagnons s’exilent à tout jamais pour ne pas revenir vaincus aux tentes.
Ainsi s’achève l’épopée de Kaocen. Avec elle s’estompe l’utopie politique qui l’animait : un projet nouveau de société opposant à la hiérarchie et aux rôles différents et complémentaires des catégories sociales, l’égalité et la responsabilité des individus.
La répression contre la guerre de Kaocen a été particulièrement sévère. Le bilan est lourd à la fois sur le plan humain, économique et politique.
De l’Ajjer jusqu’à la Tademekkat, en passant par l’Aïr qui a perdu la moitié de ses habitants, le pays a été décimé et mis à sac, l’économie d’élevage et d’échanges caravaniers est ruiné, beaucoup de tribus ont été déportées à proximité des villes dans des zones sous surveillance. Avec la création des goums *, les troupes militaires mobiles montées à dos de chameau et recrutées localement, les autorités se dotent d’un nouvel instrument de coercition.
Ainsi débutent les « années de soumissions », époque morose caractérisée par l’implantation généralisée de l’administration coloniale à laquelle correspond l’effritement politique du monde touareg.
* Goum : contingent militaire fourni par une tribu.
Source:Agadez.org

mardi 29 juillet 2008

Issouf Ag MAHA Maire Tchiro Niger 2009, Menace réelle


Niger 2009, Menace réelle ou Mauvaises langues ?
Written by Contribution: Issouf Ag MAHA Maire Tchiro
Monday, 28 July 2008
La forte mobilisation des forces de l’ordre et de sécurité sur les divers fronts que connaît le Niger de l’an 2008 est symptomatique d’un profond malaise social et politique. Une situation qui n’est pas anodine et qui laisse présager, disons le, une présidentielle bien complexe.
A présent, plusieurs énigmes sont à résoudre : cela suscite aujourd’hui des débats plus ou moins passionnés et qui témoignent de quelques soubresauts en faveur de la démocratie dans ce pays. Il y a quatre mystères majeurs qui nous interpellent et comme il est coutume de dire : Si le premier acte est un hasard et le second une coïncidence, le troisième est un sabotage.
Il s’agit notamment :
• du conflit armé dans le nord du Pays
• de la mort subite de l’opposition politique
• de l’arrestation de l’ancien Premier Ministre et candidat potentiel aux présidentielles de 2009.
• du respect de la constitution par le Président de la République.

En restant objectif deux hypothèses se posent :

Premier cas de figure :

a/ Du conflit armé dans le nord
Tandja, homme d’Etat imbu de sa stature et de son principe d’homme de parole, met en avant le caractère sacré de l’autorité de l’Etat. Fort de ces principes, il ne peut parlementer avec des citoyens qui ont enfreint la loi. La souffrance des populations qui en naîtra servira de dissuasion pour d’éventuelles velléités à l’avenir. Il met toute son énergie et tous les moyens dont dispose l’Etat dans l’option militaire pour régler la question. Le caractère sacré de la mission disculpe le fait de fermer les yeux et de justifier au besoin les atrocités commises par une armée qui a obligation de résultat.
b/ De la mort subite de l’opposition politique
Les partis de l’opposition viennent de découvrir de manière désinvolte la pertinence et l’efficacité de l’action gouvernementale. A ce titre il importe de lui apporter son soutien dans l’intérêt supérieur de nation. Ils sont convaincus de la bonne foi des tenants du pouvoir sur leur intention de respecter la loi fondamentale. Pour l’intérêt national une trêve politique est la bienvenue.
c/ De l’arrestation de Hama Amadou
Le président de la République prouve à la nation que l’Etat est au dessus de tous. Hama Amadou est le meilleur exemple car pour une accusation de détournement il peut être jeté en mal propre dans la plus triste des prisons du pays bien qu’il ait porté pendant plus d’une décennie la dynamique du régime actuel.
d/ Du respect de la constitution par le PR.
Tandja a solennellement déclaré qu’il respectera la constitution. En tant que croyant qui a juré sur le saint coran et qui a toujours été intransigeant sur la notion de l’honneur, il respectera sa parole. C’est d’autant plus plausible que le président a déclaré devant les politiques qu’il quittera la villa verte en 2009. Il ajoutera que c’est là une parole d’officier supérieur des FAN.

A première vue ces scénarios sont imparables.




Deuxième cas de figure.

a/ Du conflit dans le Nord
Le régime maintient le conflit dans le but de faire diversion et atteindre ses buts. Il est convaincu que l’option militaire finira toujours sur une table de négociation. Le tout est d’arriver à 2009 et déclarer l’incapacité d’organiser des élections dans un climat d’insécurité.
Le tour est joué et on se tournera vers le peuple pour recoller les morceaux.
b/ De l’opposition politique
L’opposition politique est bernée. On lui fait miroite par des promesses à peine voilées que son chef de fil sera le candidat du régime actuel. Elle découvrira la supercherie au dernier moment et n’aura plus d’argument pour se dénier une seconde fois. Elle se contentera de quelques postes juteux et prendra son mal en patience.
c/ Hama Amadou a été neuf ans durant au cœur du système. De part ses ambitions, il ne peut nullement participer à la manœuvre. Il devient gênant. Trop facile ! Qui veut tuer son chien l’accuse de rage. Pour cela il faut qu’il quitte les affaires grâce à une surprenante motion de censure. Mieux, le priver de ses droits civiques pour le mettre hors d’état de nuire grâce à un détournement qu’il aurait commis il y a quelques années.
d/ Du respect de la constitution par le PR
Dix ans de pouvoir transmettent à Tandja le syndrome de la dictature. « L’état c’est moi et sans moi tout va s’écrouler ». Cet état d’esprit justifie en lui le désire de se maintenir à tout prix au pouvoir pour l’intérêt supérieur de la nation et ce de bonne foi. Il a mis en place une machine machiavélique chargée de créer les conditions de sa reconduction.

Il y a donc là deux scénarios possibles qu’il nous est difficile de départager. Seule l’histoire nous édifiera, en particulier le jour où nous connaîtrons la décision du président de la république au sujet des élections de 2009.
Au delà de ces hypothèses, pour lesquelles aucun citoyen lambda n’a de réponse sûre nous nous contenterons d’échanger poliment sur la situation de notre pays. C’est à la fois légitime et louable :
Le fait que le pays soit gangrené par la misère et la pauvreté et que l’Etat demeure la seule et unique vache à lait explique, si besoin est, l’adoption quasi générale par nos concitoyens de la formule classique « le roi est mort vive le roi ». Ceci explique clairement le nomadisme endémique de nos cadres à travers les formations politiques qui se sont succédées au pouvoir. Une sorte de sauve qui peut qui ne fait nullement place aux convictions idéologiques et aux idées générales. Ce sont les conditions d’existence qui l’imposent, c’est humain !

Nous sommes aujourd’hui le 29 juillet. Une date historique que les politiciens doivent fêter car pour la majorité, ils doivent leur émergence à cet événement qu’est la conférence nationale souveraine. Nous avons tous pris goût au jeu démocratique même si dans les faits, il repose plus sur des alliances souvent contre nature (calculs électoraux) que sur des programmes idéologiques. Le plus grand perdant est toujours le malheureux finaliste car au sprint les partis se placent illico sous les ailes du favori.

Pour ce qui concerne le MNJ, il est clair qu’on ne peut prendre des armes et demander autre traitement que l’échange d’obus et autres missiles. En revanche, la gestion qui a été faite de ce conflit pose un débat de fond sur la citoyenneté des populations riveraines. Les autorités nationales et l’opinion publique connaissent parfaitement les crimes et les exactions commis par les soldats sur le terrain. Ferment-elles les yeux pour ne pas saper le moral des troupes ? Mieux, elles communiquent sur ces forfaits en véritable victoire militaire pour encourager l’armée. Les arrestations et les déportations sans quartier des paisibles citoyens pour leur appartenance ethno-régionaliste. Ainsi revient-on à la fable de Lafontaine le loup et l’agneau : « Si ce n’est toi c’est donc un des tiens.»

Au sujet de Hama Amadou, on voit parfaitement l’acharnement dont il fait l’objet et qui fait le bonheur de l’opposition politique. La logique voudrait que le président de la République demandât à Hama de rendre sa démission, chose qu’il serait dans l’obligation de faire sans tapage. Au lieu de ça, la majorité et l’opposition se taillent un ennemi commun qui permettra enfin de ressouder toute la classe politique. Celle-ci travaillera désormais la main dans la main pour la construction d’un Niger uni et prospère. Que demande le peuple !
L’opération devient un succès et il importe d’aller plus loin pour consolider la nouvelle dynamique. Les protagonistes se donnent le plaisir d’abattre l’ennemi pour renforcer leur confiance mutuelle.

Au sujet de l’opposition, nous savons que pendant près d’une décennie elle a accepté de faire acte d’héroïsme en jouant son rôle. Ceci fut pour le bonheur des Nigériens qui savent qu’il y a là un contre poids aux tenants du pouvoir. Seulement, la dynamique s’arrête net. Comme par hasard, elle choisit le moment le plus crucial (rébellion armée, élections présidentielles, durcissement du régime etc ..) pour faire volte face. Que penser ?
L’esprit simple dira que l’expérience a assagi nos politiques. Ils comprennent plus que jamais que la réalité est du côté du palais. La seule façon d’y accéder est d’être dans le système. Ils décident donc d’arrêter d’être les dindons de la farce. Il faut intégrer le système pour le canaliser de l’intérieur et dans l’intérêt de la nation. Quoi de plus respectable comme démarche ?

Au sujet du PR, nous savons tous que Tandja a dirigé pendant dix ans un pays qui revient de loin. Aujourd’hui que celui-ci fait l’objet de convoitise et voit arriver une rivière de devises, il est humain de songer à l’utilisation de celles ci pour réaliser son rêve pour ce pays. Entre nous, c’est bien louable. Pour y parvenir, il fait le ménage au niveau du terrain politique. Au dernier moment, des regroupements de citoyens adroitement encadrés par l’administration territoriale et fort médiatisés pleureront à chaudes larmes pour supplier le père de la nation de continuer son œuvre dans l’intérêt de tous.
Il acceptera alors la mort dans l’âme d’accéder au souhait populaire et sauver la nation du danger qui la guette. Quoi de plus louable ? La mort dans l’âme, car il aura violé la loi fondamentale si chère à ses principes et aura profané son serment d’homme de parole.
Mieux, il demandera à l’assemblée nationale de réviser la constitution. Naturellement, elle refuse de marcher et là il demande l’arbitrage du peuple par referendum. Tout celui qui s’insurgera contre cette logique peut être accusé d’intelligence avec la rébellion armée. La suite est bien prévisible.
En attendant, ce ne sont que des mauvaises langues. Attendons de voir la suite des événements et croisons les doigts pour la survie de la démocratie dans notre pays.

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lundi 28 juillet 2008

Proposition de résolution concernant les conflits au Nord-Mali et Nord-Niger


Internationale Touareg
Aux Nations-Unies / Au Parlement Européen /Au Tribunal Pénal International
Le 28 juillet 2008

A-Considérant que les massacres, assassinats et arrestations arbitraires à l'encontre de la population touarègue, conduisant à un exode massif des civils, continuent malgré les démentis des gouvernements du Niger et du Mali ;
B-Considérant que ces exactions et persécutions sont perpétrées par des armées "nationales" sur des bases ethniques voire raciales ;
C-Considérant les rapports alarmants publiés à plusieurs reprises par Amnesty International et des ONG locales, notamment après les massacres de Tézirzaït,Tédak, Tamazlak, Tidène, Gougaram, Arharouss au cours desquels plus de 100 civils ont trouvé la mort dans le Nord Niger, de février 2007 à ce jour ;
D-Considérant les assassinats d'officiers touaregs au Mali et de prisonniers de guerre au Niger ;
E-Considérant que des centaines de Touaregs arrêtés arbitrairement continuent d'être emprisonnés sans procès depuis plus d'un an au Niger et au Mali ;
F-Considérant le détournement par les gouvernements de l'aide alimentaire destinée aux refugiés touaregs ;
G-Considérant la situation alarmante de nombreux réfugiés touaregs dans plusieurs pays : Algérie, Burkina Faso et Mauritanie ;
H-Considérant la pression exercée arbitrairement sur les civils par une militarisation excessive des régions du Nord du Mali et du Niger ;
I-Considérant la non-application par les Etats malien et nigérien de multiples accords de paix signés depuis 1991 ;
J-Considérant les entraves caractérisées à la liberté de la presse, la fermeture des ONG dont MSF au Niger ;
K-Estimant qu'il y a là risque de génocide contre tout un peuple ;
L-Estimant que tout peuple a le droit à l'autodétermination et a le droit de prendre en main son destin ;

1-Condamnons sans réserve les massacres et tortures perpétrées contre la population touarègue et demandons la libération immédiate de tous les détenus politiques ;
2-Demandons que soit constituée une commission d'enquête internationale afin d'établir les responsabilités des massacres au nord du Niger et du Mali, afin de traduire les auteurs devant les juridictions internationales compétentes ;
3-Demandons aux Nations Unies, à l'Union Européenne, au TPI et à l'Union Africaine de prendre en compte ces violations des droits de l'Homme dans la mise en oeuvre de la Convention de Lomé 4, conformément à son article 5 ;
4-Demandons aux autorités nigériennes et maliennes de lever le blocus imposer aux régions du nord et de permettre à nouveau la circulation des biens et des personnes d'origine touarègue et de reconnaître tous les Touaregs comme des citoyens à part entière au sein des Etats ;
5-Estimons nécessaire d'accorder une autonomie aux régions du nord du Mali et du Niger, ainsi qu'un partage des richesses et du pouvoir dans le sens d'une décentralisation telle que reconnue dans les constitutions de ces deux pays;
6-Demandons l'arrêt de l'expropriation sauvage des nomades de leurs terres par les états au nom de l'exploitation de l'uranium et le pétrole ;

La présente résolution sera transmise à la commission des Droits de L'Homme aux Nations Unies, au Parlement Européen, au tribunal Pénal International, aux gouvernements africains concernés ainsi qu'aux ONG internationales.

dimanche 27 juillet 2008

Tinariwen :La voix Du Peuple Touareg

Tinariwen : Documentary Clip

Interview Ibrahim Ag BAHANGA Leader de L'ADC/Mali



El Khabar - 26-07-08

Brahim Agg Bahanga : « Le Gouvernement malien n’a fait aucune concession »
samedi 26 juillet 2008



Le chef des rebelles touaregs, Brahim Agg Bahanga, n’a pas été convaincu par les pourparlers d’Alger. Dans un entretien accordé à El Khabar, Bahanga a précisé que le Gouvernement malien n’a fait aucune concession « ce qui nous amène à ne faire aucun geste ». Il a, par ailleurs, nié un quelconque rôle du régime Kadhafi dans la rébellion de la région, soulignant qu’une guerre a lieu depuis des années entre ses fidèles et les groupes terroristes du nord du Mali.

El Khabar : Vous avez rencontré des représentants du Gouvernement malien à Alger, pendant plus de quatre jours. Les informations qui ont filtré indiquent qu’aucune avancée n’a été réalisée dans le processus de paix au Mali. Que s’est-il exactement passé lors de ces pourparlers ?

Brahim Agg Bahanga :Les discussions ont duré longtemps mais malheureusement nous ne sommes parvenus à aucun résultats, pour une simple raison : Le Gouvernement malien n’a fait aucune concession mais a tout de même voulu réaliser des avancées. Dans les derniers pourparlers nous avions des revendications précises, concernant la région, comme le statut du Kidal, les touaregs du nord uniquement, nous avions également exigé d’améliorer la situation approuvée durant l’accord d’Alger de 2006. Pour ce qui est des revendications du gouvernement malien, elles concernaient principalement une accalmie, la libération des détenus, la remise des armes des membres de l’alliance du 23 mai pour le Changement.

El Khabar : Pour ce qui est des détenus, doit-on s’attendre à une libération à l’approche des prochains rounds de discussions prévus à Alger ?

Brahim Agg Bahanga :Après le dernier round de discussions nous n’allons libérer aucun détenu des 92, de différents grades, car le Gouvernement malien n’a rien donné en échange.

El Khabar : De vos propos on pourrait déduire que vous ne souhaitez pas la paix et que votre alliance fait tout pour ne pas parvenir à une stabilité durable dans la région !

Brahim Agg Bahanga :C’est plutôt le contraire, nous sommes des partisans de la paix…La sécurité dans la région nord du Mali est impossible sans un développement réel que le Mali s’engage à concrétiser sur le terrain.

El Khabar : Votre position au nord du Mali montre qu’il y a des contacts entre vos éléments et des terroristes activant dans la région sud d’Al Qaida au Maghreb Islamique, est-il vrai que vous avez des points communs avec cette organisation ?

Brahim Agg Bahanga :Premièrement les groupes terroristes n’activent pas dans les zones où nous sommes, ils se trouvent au nord de Tombouctou, la relation entre nous est la guerre. Depuis plusieurs années nous leur vouons une grande haine et je crois que depuis plusieurs mois il n’y a eu aucun affrontement entre nous. S’ils tombent entre nos mains leur avenir est scellé car leur cause n’est pas la nôtre. Nous nous cherchons la paix.

El Khabar : Vous avez indiqué que votre nombre dépasse les trois mille, sont-ils des touaregs du mali uniquement ou est ce que l’alliance est constituée de touaregs des pays voisins ? Y a –t-ils des touaregs algériens ?

Brahim Agg Bahanga : Après notre alliance de 2006, le nombre a atteint les 3 mille combattants, sachez qu’ils sont tous maliens, il n’y a pas d’algériens et de nigériens. Notre cause est juste et claire.

El Khabar : Durant les pourparlers d’Alger, un poste sécuritaire de l’armée malienne a été attaqué, un groupe isolé aurait menée cette opération !

Brahim Agg Bahanga :Non…c’est l’Alliance pour le changement qui en est l’auteur, il y a trois soldats prisonniers.

El Khabar : Le médiateur algérien a appelé à la tenue d’autres rounds au début août, allez-vous poursuivre les pourparlers, allez vous revenir à Alger ?

Brahim Agg Bahanga :Nous respectons le rôle de l’Algérie, nous sommes prêts à poursuivre, je suis personnellement prêt à représenter l’alliance encore une fois, mais cela dépend des résultats visibles sur le terrain.

El Khabar : Plusieurs parties accusent le régime libyen d’être derrière votre mouvement, en vous fournissant un soutien financier et logistique afin de concrétiser le projet appelé l’Etat Touareg.

Brahim Agg Bahanga : Il n y a personne qui nous soutient. L’alliance est locale. Dire que Kadhafi nous fournit des armes n’est pas vrai car nos armes sont celles du Gouvernement malien, nous les récupérons après les accrochages et autres confrontations avec l’armée.

vendredi 25 juillet 2008

REPECTER LE DROIT DES PRISONNIERS


Nous mettons le pouvoir de Niamey en demeure de respecter les droits des prisonniers.

Nous rappelons que le Capitaine Asharif MOHAMED-ALMOCTAR ainsi que 3 de ses compagnons ont été pris vivants par les Forces Armées “Nigériennes”.
Nous avertissons que leur liquidation physique ou toute atteinte à leur intégrité physique changeront radicalement le comportement que nous avons jusqu'ici observé vis-à-vis de nos adversaires mais aussi introduiront des nouvelles exigences, préalables à toute solution négociée.

Cette mise en demeure doit être prise très au sérieux par le pouvoir de Niamey


Le Mouvement.

Information/MNJ


Nous informons l’opinion nationale et la communauté internationale des bombardements effectués par les Forces Armées "Nigériennes" (FAN) depuis leurs positions aux alentours de Tchirozérine.

Ces bombardements à l’artillerie lourde effectués à l’aveuglette en direction de la vallée de TIDENE et TAFADAK et de la zone de TCHIZÉ MALAT ont occasionné des graves blessés parmi les populations habitant ces endroits.
On dénombre, entre autres blessés, 7 enfants gravement touchés à TIDENE.

Les populations sont par ailleurs très traumatisées par les inhalations des gaz consécutives à ces bombardements et ne savent plus où aller.

Le Mouvement.

Publié par La voix des Hommes libres à l'adresse 25.7.08

L’Afrique, s’achemine-t- on vers le retour des dictatures ?




1990, le président François Mitterrand rencontre ses pairs africains à la Baule et leur tient un discours peu habituel. Contre toute attente il annonce sans détour qu'un changement politique doit s'opérer chez tous. Il est désormais impératif de mettre fin aux dictatures militaires et aux régimes auto proclamés. C'est désormais ce qui conditionnera le soutien de la France. Les pays pauvres doivent alors s'y faire car l'aide budgétaire de la France représente pour certain la moitié de leurs ressources. Pour enclencher cette dynamique l'état du Bénin invente une formule qui fera tache d'huile et dont s'inspireront plusieurs autres pays comme le Niger : la conférence nationale. Ces rencontres érigées en pouvoir public grâce à la formule consacrée « conférence nationale souveraine » permettent de mettre le pouvoir dans les mains de la rue pendant des semaines pour une redistribution des cartes. Une sorte de coup d'état sans arme à feu qui permet de glisser véritablement vers un régime démocratique au goût d'un monde contemporain. Au Niger les assises ont duré trois mois. Trois mois durant lesquels les participants ont eu l'occasion de parler à haute et intelligible voix et ce après près de trente ans de silence forcé. Tous les crimes et abus sociaux économiques et politiques commis durant la période d'exception ont été relatés en plénière. On retiendra, comme résultat de la conférence nationale souveraine, la chute du régime chancelant d'Ali Cheibou. On retiendra également la naissance d'une conscience politique, des libertés fondamentales et d'un véritable jeu démocratique. Les conférenciers ont mis en place des institutions transitoires chargées de créer les conditions d'un retour à une vie constitutionnelle normale et l'organisation d'élections libres et transparentes. .
Aujourd'hui, dix sept ans plus tard, une nouvelle dynamique se met en place sur le continent sous l'œil impuissant des africains et la complicité tacites de la communauté internationale. Ce sera cette fois à la Côte d'Ivoire d'improviser la formule consacrée. Celle-ci basée sur le pourrissement socio économique du paysage national permet à Laurent Gbagbo de se maintenir au pouvoir au motif de l'impossibilité d'organiser des élections. Le régime crie au complot international ourdi contre la nation pour justifier sa radicalisation. Toute personne qui tentera de dénoncer cette aberration sera traitée d'ennemi de la nation, de main armée des puissances occultes et d'intelligence avec le mouvement d'insurrection. La sentence est bien radicale, ce qui permet de calmer les ardeurs.
Le pouvoir sans partage se nourrit de sang, c'est bien classique !
Comme par enchantement, le Niger prend le chemin de cette nouvelle école visiblement porteuse. Il crée et favorise le développement d'une rébellion armée au Nord du pays. Afin d'éviter toute réaction et toute réflexion politique relative à la crise, le sujet devient tabou et le président de la république s'obstine dans une voie militaire destructrice et onéreuse. Le régime développe de manière extraordinaire le système d'espionnage et de renseignement généraux. Le pays tout entier et les diasporas sont infestés d'agents de renseignement à l'image de la période d'exception des années 1980. Les citoyens s'entre-surveillent moyennant quelques retombées financières et surtout dans l'espoir d'échapper à la machine mise en route. Les moyens de l'état sont dilapidés au nom de la surveillance du territoire et de l'effort de guerre. Le gouvernement dépense des milliards de francs dans l'acquisition d'hélicoptères de guerre. Ce sacrifice lui donne la possibilité d'exhiber sa « victoire » mesurée en nombres de Nigériens abattus, ce qui permet d'intimider le peuple tout entier. Les dés sont donc jetés et il n'y aura pas de paix pour le Nord ce qui donnera l'occasion de justifier la suite des événements. Les hommes politiques susceptibles de servir de rempart à cette manœuvre sournoise sont tétanisés par la crainte d'interpellation pour détournement ou atteinte à la sureté de l'état. Les potentiels présidentiables sont repérés et subtilement retirés de la course. Seuls resteront en liberté les quelques leaders politiques x fois candidats malheureux et qui finalement, ne nourrissent plus l'ambition de diriger le pays. Par quelques postes juteux, seront-ils récompensés pour leur complicité et leur démission devant l'histoire, le peuple et la nation.
Adieu l'enthousiasme du combat politique, des idéaux républicains, des libertés fondamentales et les déclarations incendiaires mettant en cause la gestion politique et économique des pouvoirs en place. Quel amer et désolant tournant de l'histoire !
La dynamique enclenchée dans notre pays vient de se voir encouragée par les récents événements au Zimbabwe. Robert Mugabé ayant confisqué au grand jour le pouvoir moyennant quelque dizaines de morts et quelques poignés de blessés s'est vu reçu en héro par ses pairs à Charm-el-cheikh au sommet de l'union Africaine. Parallèlement, l'union africaine à travers son Conseil de paix et sécurité s'insurge contre la décision de la Cour pénale internationale (CPI) de poursuivre le président soudanais Omar el-Béchir.
Après ces épisodes, quel espoir est permis pour ce pauvre continent ?
Au nom du principe sacro-saint de la souveraineté nationale et de la non-ingérence, les dictateurs se servent de l'appareil de l'état et de sa force de frappe pour semer la terreur et s'imposer à la tête des Etats. Ils s'identifient aux pays, se voient très mal accepter de redevenir des citoyens sans pouvoir et se soutiennent mutuellement. Quant aux grandes puissances, anciennes comme émergeantes, la tendance est au soutien des régimes durs et corrompus susceptibles de défendre leurs intérêts au détriment du peuple. L'heure des dictatures sonne donc à nouveau sur le continent noir, il va falloir résister.

Issouf Ag MAHA
Maire de Tchirozerine

Source : JA08, le 23 Juillet 2008 à 12:28

Mali: Accord de cessez-le-feu signé hier à Alger


Les deux délégations représentant le gouvernement malien et l'Alliance démocratique du 23 mai pour le changement (rébellion touareg) sont parvenues, hier à Alger, à un accord sur l'arrêt des hostilités, a annoncé à l'APS le facilitateur algérien, l'ambassadeur d'Algérie à Bamako, Abdelkrim Ghrieb.
Pour rappel, les deux parties se trouvent, depuis vendredi dernier, à Alger pour poursuivre leur dialogue en vue de restaurer la paix et la sécurité dans la région de Kidal, au nord du Mali. Les discussions se sont déroulées avec l'aide de la facilitation algérienne, conformément à « la lettre et à l'esprit de l'accord d'Alger », signé en juillet 2006, avait indiqué une source diplomatique, précisant que les deux parties ont réaffirmé leur « attachement » à ce cadre de règlement et leur « engagement » à le mettre en œuvre au bénéfice du Mali et de son peuple.
L'ambassadeur Abdelkrim Ghrieb a précisé, hier à l'APS, que la médiation algérienne et les deux parties sont « parvenues à une série de décisions parmi lesquelles la nécessité d'arrêter les hostilités entre les deux parties en conflit et veiller à l'application sur le terrain et au suivi de cette mesure (cessez-le-feu) ». Le gouvernement malien et l'Alliance démocratique ont souligné également l'impératif d'aborder un certain nombre de problèmes qui les préoccupent, notamment ceux des réfugiés et des prisonniers des deux côtés, a-t-il relevé lors d'un point de presse tenu conjointement avec le ministre malien de l'Administration territoriale, le général Kafougouna Koné, et le représentant de l'Alliance démocratique, Mohamed Aghrib.
L'ambassadeur algérien a aussi fait part de la volonté des deux parties d'œuvrer pour trouver une solution à la question des familles qui se sont réfugiées dans la région frontalière. Un comité de suivi de quelque 200 membres représentant les deux parties en conflit a été par ailleurs mis en place pour veiller à l'application des décisions prises conjointement. Avant-hier, le médiateur algérien avait pronostiqué les premiers résultats des pourparlers entre émissaires du gouvernement malien et rebelles touareg pour les quelques jours à venir, selon l'AFP. Les discussions « ont avancé dans une bonne ambiance », a indiqué une source à l'AFP, dont les propos ont été confirmés par un représentant du gouvernement malien présent à Alger dans le cadre de ces pourparlers.
Ces deux sources sont membres du Comité de suivi de l'accord d'Alger, composé de représentants du gouvernement malien, des rebelles touareg et de l'Algérie, pays médiateur. « Cela avance » malgré l'enlèvement de trois gendarmes dans la nuit de vendredi à samedi par un groupe tergui qui a attaqué un poste de gendarmerie à Tessalit (nord), a ajouté cette source à l'AFP. Cette attaque a été revendiquée samedi par « les forces unies de l'Azawad », un mouvement touareg qui, selon les observateurs cités par l'AFP, n'est pas très influent. L'Azawad est une appellation traditionnelle de la région du nord du Mali. Avant-hier, l'APS a cité une source officielle qui indiquait que « les informations faisant état de l'implication directe du chef du gouvernement dans le suivi de ces discussions sont purement fantaisistes et en tout cas dénuées de tout fondement ». L'agence officielle a précisé que le facilitateur algérien, M. Ghreib, « avec le concours des cadres de l'Etat, agit dans ce sens avec comme objectif de faire progresser le processus sur le terrain ».

Par Adlène Meddi

Source:ElWatan

mardi 22 juillet 2008

Issouf Ag MAHA nous interpelle sur la marginalisation de son ethnie

http://latelelibre.fr/index.php/2008/02/niger-un-chef-touareg-temoigne/

Après la libération de nos 2 collègues journalistes Thomas Dandois et Pierre Creisson, nous revenons sur l’objet de leur reportage: la rebellion Touareg au Niger
Pour mieux comprendre la situation politique du Niger, de la guerre qui s’y déroule, nous avons rencontré un chef de la rébellion Touareg, Issouf Ag MAHA. Il nous parle des raisons de cette nouvelle révolte qui a repris depuis près d’un an dans l’indifférence générale des gouvernements et des médias internationaux.

De passage à Paris pour lancer un appel de détresse sur la situation actuelle dans son pays, Issouf Ag MAHA, nous interpelle sur la marginalisation de son ethnie, considérée comme des grands bandits, des coupeurs de routes, voire plus… mais aussi dans quelle condition la France, par le biais de la société nucléaire Areva exploite leur terre pour y retirer l’uranium. Un dossier chaud, il s’agit de l’indépendance énergétique de la France. Les négociations sur le prix du minerai payé par la France n’ont sans doute pas été étrangères à cette affaire…

John Paul Lepers, Matthieu Martin, Julien Chalais et Jane Schinasi

NDR: Cette interview a eu lieu avant la libération des deux journalistes.

TAGS : areva, journalistes, Niger, rebellion, touaregs, vidéo

Publié le 7 février 2008 @ 13:23 par LaTeleLibre.fr — CANAL 4, Interviews, Monde, Médias, Vidéos


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De nombreux commentaires (extraits) :

Commentaire par Leptitbenji — 7 février 2008 @ 14:32

Salut,
J’ai l’impression d’entendre dans leur raison de révolte, “nous avons pris les armes pour demander la paix,” un peu comme au chiapas avec l’EZLN.

Il est normal que dans un pays sans identité historique fabriqué à coup de règle fin XIX des révoltes identitaires naissent. Surtout quand la richesse de la terre est pillé et que rien ne revient à ceux qui l’habitent.

Commentaire par Manu — 7 février 2008 @ 14:44

Toujours le même problème lorsque des ressources sont exploitées sans qu’il y ait de retombées locales ou une juste redistribution. En particulier vrai de toutes ressources minières ou assimilées (pétrole, diamant, or et autres métaux rares). Les touaregs et peuples nomades de la région sub-saharienne vivent sur des territoires et sont peu attachés à la notion de citoyenneté. Issoug Ag Maha rappelle d’ailleurs au début de l’entretien les conditions dans lesquelles les découpages — “artificiels” — se sont faits.
À noter l’initiative http://www.publishwhatyoupay.org/ qui tente d’inciter les sociétés minières de publier de manière transparente les sommes payées aux pays sur lesquels se trouvent leurs exploitations.

Commentaire par tao — 7 février 2008 @ 16:19

Croire que la france ne serait pas au courant de la situation au niger ou elle a des intérêts économiques, est un leurre… A votre avis, à quoi sert la dgse ? Elle renseigne le pouvoir sur la situation du niger, c’est comme pour toutes les autres puissances, le pouvoir c’est beaucoup plus de chose que l’on ne croit…

Commentaire par frédo — 7 février 2008 @ 18:31

Merci LTL . Je n’avais rien compris ;
mieux comprendre ce qui se passe,c’est peut-être déjà un pas vers plus de justice et de respect des peuples .

Commentaire par CKohyah — 7 février 2008 @ 19:02

Il est une chose dont vous pouvez être sur. Lorsque vous regardez une carte, et que vous voyez des frontières toutes droites, c’est qu’un pays à été “fabriqué” par d’autres que lui même. (En plus c’est complètement con, car c’est vachement difficile à défendre une frontière toute droite…!)
Dans l’Afrique du XIXème siecle, les puissances colonisatrices se sont partagées le gateau avec un cordeau d’arpenteur! Et bien évidemment les peuples qui y vivaient n’ont pas vraiment eut le droit de s’exprimer… Et ils ne l’ont toujours pas apparemment, deux siecles après.

Commentaire par GD06 — 7 février 2008 @ 20:05

Merci pour cet entretien, JPL !
On a enfin un autre regard clair sur la situation. J
J’ avais cru comprendre, mal informée sur le Niger, que les touaregs demandaient un territoire…
Or, c’est beaucoup plus qu’un territoire : c’est une reconnaissance et la justice sociale.
Si les exploitants français payent 50% plus cher leur “location” au gouvernement nigérian, ils pourront continuer en toute légitimité et la conscience tranquille en plus..
mais ça n’apportera pas un franc CFA de plus aux populations et aux touaregs en particulier ,puisque visiblement considérés comme empêcheurs d’exploiter en rond !
Employer la population locale serait déjà un bon début … je suis même surprise qu’ils ne le fassent pas vu que le boulot doit être
“à risques “pour la santé..
Je ne reviendrai pas sur les joies de la colonisation dont il a été question dans les fils précédents… MAIS…..
Encore une fois, si l’on ne s’était pas distribué le gâteau en se taillant des parts bien grasses et rectilignes..on n’en serait pas à voir des hommes comme Issouf, cultivé et intelligent, en venir à piller les casernes pour demander le minimum de respect.
Et à risquer leur vie à chaque minute.

Commentaire par mobensim — 8 février 2008 @ 1:43

Bien vu Jp, très bien vu!
C’est dingue, de voir aussi peux de réaction sur ce sujet qui est le meme que celui de l’arche de Zoé!
Cette homme libre comme Massoud, revendique le droit de vivre dessalent, des richesses de son sous sol.
Faut-il qu’il mette des infirmières en prison pour qu’on s’intéresse a ses problème?
Cette guerrilla nous concerne directement, elle est le fruit de la politique colonialiste qui n’a jamais cessé !
Si nous voulons que cette guerrilla ne se transforme pas en guerre par puissence interposé il faut que la france assumer ses responsabilité.
Il faut qu’elle achète ses matière première a un prix juste.
Il faut qu’elle veille a ce que l’argent soit redistribué.
Il faut qu’elle arrête de soutenir des gouvernements d’escroc pour pouvoir mieux les corrompre, pour pouvoir mieux les contrôler.
N’en déplaise a la bande d’escrocs qui nous gouvernent!

Commentaire par denis1 — 8 février 2008 @ 6:22 @ mobensim


Pas eu le temps de réaliser d’autres émissions. Nous terminons une série d’émissions pour La Chaine Parlementaire ‘Telle est ma Mairie”… Celle sur Le Raincy et Montfermeil est d’ailleurs rediffusée samedi prochain à 20H00.
Dans une dizaine de jours, nous nous remettons sur nos émissions du “Point Rouge” et” Sous les pavés..” Merci de nous encourager!
JP et toute l’équipe.

Commentaire par LaTeleLibre.fr — 8 février 2008 @ 10:30

Belle interview !
Merci La Télé Libre !

Commentaire par Simone — 8 février 2008 @ 11:09

Il est clair que la situation devient de plus en plus préoccupante pour les les populations civiles exposées à ce conflit dont l’issue demeure toujours incertaine.

Commentaire par Fred — 8 février 2008 @ 11:48

Très bel entretien, clair, qui permet de bien cerner les demandes de la rébellion.
Tant que les grandes puissances ne paieront pas les matières premières à un juste prix et n’exigeront pas que tous les intervenants en aient une juste part, rien ne changera.

Commentaire par raannemari — 8 février 2008 @ 15:09

Le Sahara est quand même le domaine des touaregs depuis un bon bout de temps, ceci au delà des frontières jadis tracées par les français… Pourquoi le Niger (et les autres pays qui sont sur leurs pistes ancestrales, ils sont d’abord nomades) ne leur reconnaît rien ? En France, il y a aussi les régions avec une certaine autonomie financière. Il faut voir sur place : ces gens n’ont rien et sont de surcroît dignes et accueillants : j’y suis allé (et pas avec le Paris-Dakar !)

Commentaire par Franck — 8 février 2008 @ 23:27

Après le Pr Madelin, le Chef Issouf. Bonne petite description de la situation des Touaregs, simple et précise.

Commentaire par Bourreau fais ton office — 9 février 2008 @ 2:03

Point de mouron ne te fais, Mobensim, j’ ai bien lu ta (très) jolie literie-rahâââtion, je la laisse en l’ état ; comme ivre de liqueur sémillante …

Commentaire par Bourreau fais ton office — 9 février 2008 @ 2:24

Pourquoi la France se soucierait - elle subitement des peuples du Niger et des Etats voisins quand elle peut arriver à ses fins grâce aux gouvernements post -coloniaux qu’elle a su jusqu’ici manipuler ?
Pourquoi ferait elle le contraire de ce qu’elle fait depuis toujours sur son propre territoire où elle nie l’existence des peuples basques, corses ou bretons ?J’aimerais d’ailleurs que la Télé libre rende compte de la manière dont les Inspections académiques empêchent l’enseignement de la langue bretonne dans les écoles publiques, voir l’école de Merville à Lorient, en 56, voir St Etienne de Montluc en 44, voir les écoles du 29 , du 22. (ref ouiaubreton.com/ )

Commentaire par men ruz — 9 février 2008 @ 12:47

Il convient de remettre à l’échelle tout ça !
Certes la France néglige ses “peuple autochtones”
Mais là, pour le Nord-Niger on parle de contamination radioactive de toute une région… on parle de civils assassinés pour la simple raison qu’ils sont touaregs, on parle de multiples arrestations et détentions arbitraires, on parle de populations qui ne peuvent survivre sans leurs terres agro-pastorale !
C’est la vie de ces femmes, enfants, hommes qui est plus que jamais menacée !
Leurs droits sont volontairement bafoués par des société en mal d’uranium et par un gouvernement corrompu !

Commentaire par simone — 9 février 2008 @ 15:02

Finalement la rebellion est devenue un fond de commerce pour cette “race exotique! allez y voir à Niamey comment les ex-rebelles ont amassé de richesse collossales, plus riches que n’importe qui au niger, possedant toutes les societés qui marchent au pays! pourquoi après les accords de paix de 1995 ils n’ont pas servi la population qu’ils prétendent défendre avant de se (...).

Interview de Hama Ag Sid'Ahmed Porte parole de l'Alliance Démocratique


RFI Afrique matin Afrique de l’Ouest 6h30 TU

Interview de Hama Ag Sid’Ahmed, recueillie hier soir à Alger par Sébastien Nemett
Hama Ag Sid’Ahmed le porte parole de l’Alliance Démocratique.

"Il n’y a pas encore eu un accord qui est signé. L’essentiel pour l’instant c’est que les deux parties puissent se parler et cette première étape permettra de créer un climat nouveau, un climat de dialogue pour que les deux parties puissent se retrouver très prochainement à Alger. On a pu tout de même pu aborder deux points essentiels, d’abord tout faire pour qu’il y ait un retour de le la confiance entre les deux parties, ce qui va permettre d’aborder une deuxième étape c’est-à-dire les questions essentielles, politiques, socio-économiques et culturelles. »
Sébastien Nemett : "comment est-ce que la confiance pourrait être vraiment rétablie entre les deux parties ?"
Hama Ag Sid'Ahmed : "tout dépend de ce qui va se passer sur le terrain. En tout cas, en ce qui nous concerne, nous pouvons observer une trêve, le temps de voir si la partie gouvernementale est vraiment décidée d’aller de l’avant ; il faudrait que, du côté du gouvernement, que les patrouilles retournent dans leurs casernes d’origine, et ensuite qu’on ait un cessez-le-feu limité dans le temps, et ensuite qu’on procède à la libération des prisonniers. Tous ces aspects ont été évoqués et nous pensons que cela pourrait se régler dans les prochains jours ou d’ici un mois. Tout dépend de ce qui pourrait se passer sur le terrain. Nous souhaitons que, du côté du gouvernement, qu’il n’y aura pas une provocation."

Hama Ag Sid’Ahmed, recueillie hier à Alger par Sébastien Nemett

Touareg-Gouvernement malien : Les deux parties s’entendent à Alger


Les questions des réfugiés, des détenus et du développement économique du Kidal ont été les points de convergence.

A Alger, le gouvernement malien et l’Alliance démocratique du 23 mai, qui représente le mouvement rébellion touareg, sont parvenus à revenir aux accords d’Alger, signés en 2006. Pour y parvenir, les deux parties se sont entendues hier à la résidence El Mithak d’arrêter les hostilités et de travailler pour « la restauration de la paix, de la confiance ». C’est ce qu’a annoncé hier, Abdelkrim Ghrieb, ambassadeur d’Algérie au Mali. A noter que les deux parties ont entamé depuis vendredi une réunion. Celle-ci s’inscrit dans l’esprit de la mise en application des Accords d’Alger. « Nous avons abordé, au cours de cette discussion, un bon nombre de questions relatives à la situation au nord du Mali. Nous nous sommes penchés de nouveau sur les accords d’Alger et les étapes qui nous restent dans leur mise en application dans les prochains jours pour accomplir notre tâche et de parvenir à une solution définitive dans le pays frère », a déclaré le diplomate algérien, lors d’une rencontre avec la presse. Les discussions de cette semaine viennent confirmer « un certain nombre de décisions que nous avons déjà prises par le passé ». M.Ghreib s’est félicité de « la confiance » ainsi que de « la volonté » qui animent les deux parties afin de restaurer la paix dans cette région frontalière de l’Algérie. S’agissant du relevé de conclusion de cette réunion, M.Ghreib a souligné : « Le problème des réfugiés, le sort des otages des deux côtés, le déminage et le développement économique dans la région de Kidal. » Le même interlocuteur estime que la libération des otages par les deux parties « contribuera à mettre en place le climat de paix » tant recherché dans la région. Ces mesures de trêve interviennent, selon le même diplomate, pour consolider le cessez-le-feu entre l’armée et les Touareg, appelant toutes « les parties à contribuer justement à instaurer cette paix dans la région et d’éviter d’autres incidents ». En ce qui concerne les événements intervenus ces derniers jours, l’ambassadeur confirme que les auteurs n’entrent pas dans cet accord et ne sont pas partie prenante. Egalement, une autre rencontre est prévue le 20 août entre les deux parties pour débattre le reste des problèmes dans le cadre des Accords d’Alger. Cela sera une occasion pour discuter d’autres modalités pour continuer dans ce sens. Le développement et ses modalités et l’accélération de l’application de ces accords. Présent à cette rencontre, le ministre de l’Intérieur malien, Kanfougouna Koné, a tenu à remercier la contribution de l’Algérie au rétablissement de « la paix et le climat de confiance » entre les deux parties. Il réitère l’engagement du gouvernement malien à respecter les Accords d’Alger. Même discours développé par la délégation de l’Alliance démocratique. Mohamed Ag Kherieb, porte-parole de l’Alliance a annoncé que « notre sortie de cette rencontre avec des enseignements riches avec l’esprit de restaurer la paix ». Ne voulant pas s’étaler dans son intervention, il avance : « L’espoir est permis. » Un comité de suivi de quelque 200 membres représentant les deux parties en conflit a été, par ailleurs, mis en place pour veiller à l’application des décisions prises conjointement.

Tahar FATTANIT - L’Expression (Algérie) 22-07-2008

Accord entre le gouvernement et les Touaregs au Mali


Article du lundi 21 juillet 2008, mis à jour à 22:32

Le gouvernement malien et la rébellion touareg sont parvenus lundi à un accord visant à mettre un terme aux affrontements sporadiques qui les opposent depuis un an dans la région du Kidal, dans le nord du pays, a rapporté l'agence officielle APS.
"Les deux délégations représentant le gouvernement malien et l'Alliance démocratique pour le changement se sont mises d'accord sur l'arrêt des hostilités", a dit l'ambassadeur algérien au Mali et médiateur dans ce conflit, Abdelkrim Ghrieb, cité par APS.

"Nous sommes parvenus à une série de décisions parmi lesquelles la nécessité d'arrêter les hostilités entre les deux parties en conflit et l'application sur le terrain et le suivi de cette mesure (de cessez-le-feu)", a-t-il précisé.

Un comité de suivi de 200 représentants issus des deux camps a été formé pour superviser la mise en oeuvre de l'accord, a ajouté APS.

L'accord a été trouvé à l'issue de quatre jours de discussions sous l'égide de l'Algérie, qui partage sa frontière saharienne avec le Mali.

Les deux parties se sont engagées à respecter les engagements pris lors de la signature d'un précédent accord de paix et de développement, en 2006, à Alger.

Selon Ghrib, gouvernement et touaregs devraient également aborder prochainement la question des prisonniers et des réfugiés.

Les touaregs ont repris les armes l'année dernière pour obtenir davantage de droits. Des conflits similaires avaient déjà éclaté dans les années 1960 et 1990.

Le Mali accusait la rébellion de vouloir prendre le contrôle de la région du Kidal, dont les routes sont utilisées par les trafiquants d'armes et de drogue.

Hamid Ould Ahmed, version française Grégory Blachier

lundi 21 juillet 2008

Les deux Francaises de la prison d'Agadez/Niger


Elles s’appellent Josette Prudhomme et Catherine Dubois. Elles sont deux citoyennes françaises âgées respectivement de 64 ans et 58 ans. Elles sont en prison depuis plusieurs mois pour émission d’un chèque sans provision pour l’une et collusion avec la rébellion pour l’autre.D’après les échos qui nous parviennent leur état de santé ne fait que se dégrader et sont sujettes à des crises de nerfs qui les poussent des fois à cogner fort sur leur porte à longueur des journées.D’aucuns affirment que Catherine Dubois serait malade et ne serait en réalité qu’une innocente victime jetée en pâture aux forces de sécurité par un ami à elle à qui elle aurait confié l’achat d’un véhicule pour leur assocition. Ce dernier ayant utilisé l’argent autrement et à ses fins propres n’aurait eu d’autre moyen que de dénigrer la femme en disant qu’elle hébergeait des rebelles chez elle quand elle vivait en Algérie.

Source : Aïr info

Niger: Le MNJ réclame sa part sur l'uranium


Les rebelles du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) exigent qu'un cinquième au moins des bénéficies issus de l'exploitation de l'uranium soit alloué au nord du pays, majoritairement peuplé de touaregs. "L'une de nos demandes est qu'entre 20 et 30% des revenus tirés de l'uranium bénéficient à la population du nord du Niger", a déclaré Aghaly Ag Alambo, chef de file du mouvement touareg. Le Niger espère atteindre le deuxième rang mondial des producteurs d'uranium d'ici 2011, grâce aux mines ouvertes récemment par le groupe français Areva et le chinois Sino-U.

Source : JDD/International le 21/07/2008

Niger’s Tuareg rebels demand share of uranium cash




Niger’s Tuareg-led rebel movement chief said his Niger Justice Movement (MNJ), whose desert fighters have waged a rebellion against Niamey government troops, wants up to 30 percent of uranium revenue to be allocated to the northern region populated mainly by Tuaregs.

"One of our demands is to set aside between 20 percent and 30 percent from the uranium earnings to benefit the population living in the north of Niger," Aghaly Ag Alambo told Al Jazeera television in an interview broadcast on Sunday.

"Every company doing uranium business in Niger has to do this, whether this company is foreign or local," Alambo added.

He did not say how his group planned to force firms or the government satisfy the demand.

The MNJ wants greater autonomy for the uranium-producing northern Agadez region and a bigger share of its mineral wealth for local people.

Encouraged by rising world prices, Niger hopes to become the world’s number two uranium producer by 2011 thanks to new mines being opened by France’s Areva and the China Nuclear International Uranium Corp. (Sino-U).

Many other foreign companies have been awarded licences to explore for uranium, gold, oil and other minerals in Niger.

Alambo said MNJ fighters have been gaining the upper hand in the fighting against Niger government troops.

"We are on the offensive. The army is in a defensive position. They can not attack us," he said. A supportive local population have it tips on troop movements and the movement had better knowledge of the desert and rugged mountainous areas.

Alambo said he expected more fighting in the coming months. At least 200 rebels and 70 government troops have been killed in more than a year of inconclusive fighting.

He blamed successive governments in Niamey for failing to come good on demands agreed by both sides in the 1990s.

Alambo also praised on the United States, suggesting that his movement was looking to Washington to help to put pressure on the Niamey government.(...)

Source : Reuters le 20-07-08

Médiation d’Alger dans l’affaire Mali-Touareg : Les premiers résultats seront bientôt connus

Les informations faisant état de l’implication directe de Ouyahia dans le suivi de ces discussions sont purement fantaisistes.
Les premiers résultats des pourparlers entre émissaires du gouvernement malien et rebelles touareg, ouverts cette semaine à Alger, devraient être présentés dans « quelques jours » par le médiateur algérien, ont annoncé des sources proches de la rencontre. « Dans quelques jours, le médiateur qui dirige nos débats (l’ambassadeur d’Algérie au Mali, Abdelkrim Gheraieb, ndlr) pourra (...) présenter les premiers résultats des pourparlers pour le retour de la paix dans le nord du Mali », a indiqué un responsable touareg, participant aux discussions entamées jeudi. L’Algérie accueille depuis vendredi deux délégations représentant le gouvernement malien et l’Alliance démocratique du 23 mai pour le changement pour poursuivre leur dialogue en vue de restaurer la paix et la sécurité dans la région de Kidal, au nord du Mali, a-t-on appris hier, de source diplomatique. Les discussions entre les deux parties se déroulent dans un climat empreint de « sérénité » et de « volonté » pour parvenir à des résultats au profit de l’unité et de la concorde entre tous les Maliens, a relevé la source, ajoutant que ces pourparlers se déroulent avec l’aide de la facilitation algérienne et « conformément à la lettre et à l’esprit de l’accord d’Alger » signé en juillet 2006. Les deux parties ont réaffirmé leur « attachement » à ce cadre de règlement et leur « engagement » à le mettre en oeuvre au bénéfice du Mali et de son peuple, a-t-on souligné. Les discussions « ont avancé dans une bonne ambiance », a ajouté cette source dont les propos ont été confirmés par un représentant du gouvernement malien présent à Alger dans le cadre de ces pourparlers. L’accord d’Alger a été signé en juillet 2006 pour le retour de la paix dans le nord du Mali. « Ceux qui vous ont donné l’information ont raison d’être optimistes », a dit un membre de l’entourage du médiateur algérien. « Cela avance » malgré l’enlèvement de trois gendarmes dans la nuit de vendredi à samedi par un groupe touareg qui a attaqué un poste de gendarmerie à Tessalit (nord), a-t-il ajouté. Cette attaque a été revendiquée samedi par « les forces unies de l’Azawad », un mouvement touareg qui, selon les observateurs, n’est pas très influent.

R.N - L’Expression (DZ) 21-07-2008

dimanche 20 juillet 2008

Les Tinariwen sont des héros pour leur peuple


TINARIWEN. Le blues du Sahara

Tinariwen se produira en clôture du festival, sur la grande scène. Ce groupe venu du Sahara est l’incarnation du blues du désert, fer de lance de la scène des ishumar née entre les dunes, les révoltes et la misère. Leur son, un funk abrasif couplé de blues tanné par le soleil du Sahara, s’exporte depuis le début de ce millénaire partout dans le monde. Pourtant, ces mélopées de guitares tournent entre les dunes depuis le début des années 1980. Mais c’est en 2000 que Lo’Jo, la fameuse tribu cosmopolite d’Angers, en donnant un concert à Bamako au Mali rencontre ces rebelles du nord du pays. L’émotion, humaine comme musicale, est immédiate et réciproque. Une longue collaboration s’engage. Les tamasheqs sont invités à se produire en Europe, les deux groupes coordonnent un temps l’organisation du Festival au Désert, à Essakanne, greffé aux fêtes traditionnelles Témakannit réunissant les touaregs. Denis Péan, le poète des Lo’Jo, nous y racontait en 2003 la rencontre : « Ça a commencé quand une fille nous a fait venir à Bamako, au festival du Théâtre des Réalités d’Adama Traoré. On avait toujours eu un intérêt naturel pour l’Afrique. On a financé ce voyage, joué à ce festival qui porte bien son nom. Nous étions une réalité de plus, bonne à faire partager. Et on a rencontré ces touaregs, Foy Foy (un guitariste de Tinariwen), Dinah et les autres. Dans une cour à Bamako, on était en train de répéter. On a partagé quelques idées autour du thé, on a écouté pour la première fois cette musique caractéristique du style touareg, que l’on a entendu très souvent ensuite avec le groupe Tinariwen, porteur d’une certaine façon de faire cette musique apprise et composée pendant la rébellion dans les camps de réfugiés en Lybie, notamment à l’occasion des veillées. C’est un tissu humain qui s’est développé, avec l’énergie simple et naturelle de communication entre nous tous.»

Dans les camps en Lybie
Tinariwen est né au début des années 80, de la rencontre en exil entre Intiyeden et Ibrahim Abaraybone. C’est au départ un collectif de poètes musiciens plus qu’un groupe. Tinariwen introduit la guitare dans la musique traditionnelle, créant ainsi de toute pièces le style «al guitara » aujourd’hui si représentatif des ishumar.Tout en restant très attaché à la poésie, primordiale dans la culture touareg, indispensable même. La guitare, ils la découvrent dans les camps militaires de Kadhafi, en Lybie, en même temps que la Kalachnikov. Via Jimi Hendrix, Carlos Santana et quelques autres maîtres. Tinariwen est instantanément subversif, ses chants de combats, ses appels politiques étant relayés par les cassettes audio circulant en cachette dans tout le désert, provoquant l’éveil des nombreuses jeunes consciences. Posséder une cassette de Tinariwen suffisait pour être arrêté... Mais rien n’a empêché leur son de se diffuser. Pour écouter un poète reconnu lors d’une veillée, les touaregs sont prêts à faire des centaines de kilomètres dans le désert. Tinariwen deviendra vite l’un de ces artistes célébrés. Et plus encore après quelques faits de gloire durant les années de rébellion, au début des années 90. Les armes déposées, la musique reprend le dessus. En essaimant à travers le désert, mais aussi depuis cette rencontre avec Lo’Jo partout dans le monde.

Robert Plant adore
Un premier album est enregistré avec l’aide des angevins et de Justin Adams, dans les studios d’une radio de Kidal, où le groupe se retrouve régulièrement
pour répéter. C’est « The Radio Tisdas Sessions » en 2000. L’audience reste confidentielle, mais les tournées font le reste. En 2003 paraît « Amassakoul», véritable raz de marée : plus de 70 000 exemplaires vendus en France. Robert Plant, le chanteur de Led Zeppelin, s’entiche du groupe et les rejoint régulièrement sur scène après les avoir découvert dans le désert cette même année. Carlos Santana, celui que Ibrahim et les autres écoutaient pour apprendre leur instrument, est conquis et les invite à jouer avec lui au festival de Montreux. Thom Yorke de Radiohead confie s’inspirer de leur jeu unique. Tinariwen n’en finit plus de faire chavirer les mélomanes. Sans rien renier de son authenticité, comme en témoigne le dernier opus « Aman Iman», enregistré à Bamako sous la houlette de Justin Adams, encore, inspiré d’un dicton touareg : «L’eau, c’est la vie». Même si certains membres du groupe, comme Japonais, ont préféré quitter l’aventure pour rester dans le désert, si la formation est en partie rajeunie autour d’Ibrahim, Tinariwen n’en reste pas moins un groupe séminal qui va illuminer le Sakifo dominical.

Sébastien BROQUET

Source : Le Quotidien de la Réunion

Tuareg-led desert rebellion in Niger

Sécurité et développement dans la région du Sahel : la réunion des chefs d'Etats africains à Bamako aura lieu fin août

Mekioussa Chekir-latribune-online-20-07-08

Initialement prévue pour le début du mois en cours, la réunion des chefs d’Etat africains que doit abriter la capitale malienne, Bamako, aura finalement lieu fin août. C’est ce qu’a rapporté, vendredi dernier, l’AFP, citant une source proche du ministère malien de la Défense. Cette rencontre, rappelons-le, devrait permettre aux pays participants de se pencher sur les problèmes de sécurité et de développement dans la bande sahélo-saharienne. Les invitations aux concernés par ce conclave régional ont été lancées mais le nombre exact de chefs d’Etat attendus n’a pas encore été précisé en raison de « réglages de dernière minute toujours en cours », a ajouté la même source à l’agence française. Principaux pays intéressés par l’initiative du président malien, Amadou Toumani Touré : l’Algérie, le Mali, le Niger, le Tchad, le Burkina Faso, la Mauritanie et la Libye. Autant de pays qui partagent, en raison du lien des frontières qui les unit, une multitude de problèmes aussi inextricables les uns que les autres.

Le trafic de drogue, le terrorisme, la contrebande de divers produits, le banditisme, l’immigration clandestine, les mouvements de rébellion, la pauvreté… des fléaux qui ne cessent de s’amplifier en l’absence de solutions efficientes et durables et qui s’inscriraient dans le cadre d’une approche globale et concertée entre les différents acteurs de la région sahélo-saharienne. D’où la prise de conscience quant à la nécessité de prendre les taureaux par les cornes en impliquant tous les pays qui constituent les foyers de ces maux. « Cette rencontre doit permettre de développer une approche commune des problèmes qui affectent la bande sahélienne en vue de proposer des actions concrètes », avait déclaré, il y quelques semaines, Saïd Djinnit, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest (Unowa) lors d’un point de presse organisé à l’issue d’une réunion à Dakar avec les chefs des missions de paix de l’ONU en Afrique de l’Ouest. L’annonce de la nouvelle échéance de cette rencontre intervient, faut-il le noter, justement au moment où le nord du Mali renoue avec les affrontements entre les rebelles touareg et les forces militaires du pays. Une situation qui est enregistrée au moment aussi où se déroule à Alger un nouveau round de pourparlers entre ces rebelles et des émissaires du gouvernement malien pour le retour de la paix dans le nord du Mali. Reste à savoir si ce nouvel épisode d’affrontements n’est pas de nature à compromettre le rendez-vous de Bamako et quels auront été, à cette date, les résultats du processus de négociations initié grâce à la médiation algérienne. En tout état de cause, les pays du pourtour sahélo-saharien sont appelés à discuter pour tenter de trouver des démarches communes à ces préoccupations partagées. Le terrorisme qui est venu se greffer sur les fléaux existants depuis des décennies n’a fait que compliquer la situation.

Le redéploiement de l’ex-GSPC en une branche d’Al Qaïda au Maghreb expose toutes ces régions à une fragilisation plus certaine et à des menaces de déstabilisation. L’épisode du rapt des deux touristes autrichiens (non encore libérés depuis le 24 décembre 2007) l’avait bien démontré.

A rappeler, enfin, que la première annonce de cette rencontre pour début juillet avait suscité l’intérêt de l’Organisation des Nations unies qui avaient émis le souhait d’y prendre part. Ce qui n’était pas du goût de tous les pays concernés, dont l’Algérie qui s’était exprimée sur cette question par la voix d’une source diplomatique, ayant préféré garder l’anonymat, à l’un de nos confrères.

Niger's nomads fight for rights



Focus Unrest in the Sahara. Niger's nomads fight for rights

By Alex Sehmer and May Welsh

The MNJ want a greater share of uranium mining profits ploughed back into the region Kamil Kamel is angry enough with the government of Niger to take up arms and fight. He and other Tuareg's see their cause as just, but those in power have branded them "terrorists".

"We were forced to take up arms because we have no future," the 28-year-old told Al Jazeera.

"We are not even considered citizens in our own country. We have no means to develop at all ... we live in misery. We live in ignorance and disease."

Kamel is a member of the Movement of Niger People for Justice (MNJ), a group that is demanding greater investment and development in Niger's northern territories, the desert area leading up into the Sahara.

They want the revenues from Niger's uranium mining - which is focused in the north and makes up over 70 per cent of Niger's exports - to be ploughed back into the region.

International companies are vying for access to Niger's uranium deposits, but though it forms the backbone of Niger's industry, the region remains poor, with little in the way of infrastructure, schools or health care.

"It is the uranium found in our Tuareg areas that is feeding this entire country," Kamel said.

Low-level war
The MNJ first came to the attention of the authorities in February 2007, when the group's fighters raided a regional army base. Since then they have killed at least 70 soldiers.
In July 2007, the group kidnapped a Chinese nuclear engineer working for China Nuclear Engineering and Construction Corps, holding him for 10 days. The move prompted the company to pull their operations out of Teguidan Tessoumt, where they had been prospecting for uranium.


Mamadou approached Al Jazeera at the foot of Mount Tamgak
More recently, in June 2008, the MNJ took hostage four French nationals working for Areva, the French energy company which has substantial interests in Niger's uranium mines.
The government calls the MNJ a group of "bandits" and "drug-dealers", though despite this in May 2007 it earmarked $60m to fight them.
Although some in the government have advocated reaching a negotiated settlement with the fighters, Mamadou Tandja, Niger's president, has refused to talk to the group.
Subsequently northern Niger has been the scene of a low-level war for 18 months, with much of the region under military law and off limits to foreign visitors and journalists.
But the government has struggled to put down the rebellion and in reality the government has little control of this desert region in Niger's north and rebel patrols are able to move freely.
Rights groups have accused Niger's security forces of committing human rights abuses and in April, an Amnesty International report said Niger's army shot dead, tortured and abducted civilians in retaliation top attacks.
Mamadou, a young Tuareg boy, approached Al Jazeera at the foot Mount Tamgak. He brought with him a toy gun.
He said his father was killed in Tazerzeit by the army on suspicion of helping the MNJ and his school, built by an non-governmental organisation, was taken over by the army and used as a base to fight the rebels.

Joining forces
The MNJ is made up mostly of Tuaregs, a nomadic Berber people who make up Niger's third largest ethnic group.
Some fought the government in the first Tuareg rebellion, a five-year insurgency that came to an end in 1995 when the main groups signed a peace deal with the government, brokered by France, Burkina Faso and Algeria.
The MNJ say the 1995 agreement was never properly implemented. They want greater political representation, with more Tuareg recruited into the army and the police.

Country profile: Niger
The UN ranks Niger as the fourth poorest country in the world.
Two thirds of its population live below the poverty line, according to the IMF.
One in four children are said to die before their fifth birthday and adult literacy is under 29 per cent.
Population: 13.3 million
Ethnic groups (per cent, 2001 census):
Haussa (55.4), Djerma Songhai (21), Tuareg (9.3), Peuhl (8.5), Kanouri Manga (4.7), other (1.2)
GDP: $4.17bn
Major exports: uranium ore, livestock, agricultural produce
Source: CIA factbook

But other ethnic groups have also joined the MNJ, including Fulani nomads, traditionally cattle-herding people who have found themselves increasingly in competition for land with Niger's sedentary farming population.
With desertification eating away at six kilometres of Niger's usable land every year, conflict between farmers and herdsman has intensified.

"The government always gives the priority to the farmers over the herders and this is what we're seeing today," Major Lee, a Fulani who fights with the rebels, told Al Jazeera.

"I joined MNJ because of the injustice. The Fulani in this country are suffering a lot ... Every day because of conflicts between farmers and herdsmen people are being killed."

The Fulani had formed their own armed groups, battling farmers in areas such as Diffa, which borders Chad in Niger's far east, and Tillaberry, which borders Mali in the north-west, before joining the MNJ.
Some members of the Toubou ethnic group, another nomadic group found mainly in Chad, have also joined the movement.

"In MNJ you have all the nomadic communities here together," says Boubakar Mohamed Sogoma, himself ethnically Toubou and a commander with the Revolutionary Armed Forces of the Sahara (FARS).

All the groups feel discriminated against and marginalised by the authorities.

"When a Toubou goes to the city people say he's from Chad - that he's not a Nigerien," said Sogoma.

"In terms of education we are the most backwards people in the entire country. This is a policy of the state, not because people don't want to go to school."

'No discrimination'
But the government rejects the rebels' charges and points at that although the Tuareg form Niger's third largest ethnic group, they only make up under 10 per cent of the country's population.
By far the largest ethnic groups are Hausa and Djerma-Songhai, both traditionally groups that subsist on farming.

"No one is being discriminated against," Grema Boucar, Niger member of parliament for Diffa, told Al Jazeera.


Al Jazeera's exclusive on Niger's Tuareg rebels
"In reality there is no ethnic group in Niger the state doesn't care about. We are sitting in the parliament, we have all the ethnicities of Niger present in the parliament - even the most reclusive areas are given special constituencies so they don't have to compete like in urban areas.

"Now if you want to talk about what's going on in the north, those men have made a choice to take up arms in order to air their point of view - they are free to make this choice but today in a democracy like Niger I have to found a political party and air my point of view."

President Tandja refused Al Jazeera's request to discuss the rebellion, but government sources have said revenues from Niger's natural resources are allotted fairly and accused the MNJ fighters of making the north too unsafe to permit development work.

"It's true the north of our country is a source of instability because of the behavior of certain individuals whose identity is not completely known but they present themselves as the MNJ," Nouhou Arzika, the co-ordinator of the Citizen's Movement for Peace, Democracy and the Republic, an non-governmental organisation, told Al Jazeera.

"We have to straighten something out here - this is not a rebellion. It is bandit operations and terrorism."

With neither side willing to give ground, the conflict in Niger's north looks set to continue.

In their base high in Niger's Air Mountains, the fighters train for combat and vow they will continue to fight until the government meets their demands.

"We have nothing to lose," Kamel said. "We can keep fighting another ten years no problem, because if we put down our arms we'll gain nothing."

Source: Al Jazeera

BAMAKO (AFP)/Attaque de Tessalit

BAMAKO (AFP) - samedi 19 juillet 2008 - 14h45 - Des hommes armés ont attaqué dans la nuit de vendredi à samedi une brigade de gendarmerie malienne à Téssalit, dans la région de Kidal (nord), et pris en otage trois gendarmes, a appris l'AFP de source militaire.

"Des hommes armés ont attaqué dans la nuit de vendredi à samedi la brigade de gendarmerie de Téssalit. Trois gendarmes dont l'adjoint au chef de brigade ont été enlevés", a déclaré à l'AFP une source militaire contactée dans le nord du Mali.

Un véhicule de la brigade a été incendié par les assaillants qui ont par ailleurs blessé par balles un gendarme qu'ils ont laissé sur place, a poursuivi la même source.

L'attaque a été revendiquée par les "Forces unies de l'Azawad", a déclaré samedi par téléphone à l'AFP un ancien député de Téssali, Baye Ag Hadi, affirmant parler au nom de ce mouvement touareg. L'Azawad est une appellation traditionnelle du nord du Mali.

"Nous avons actuellement trois otages gendarmes. J'ai fait cela pour réclamer plus de justice, plus de développement, plus de liberté pour le nord du Mali", a-t-il indiqué.

"Les trois otages, l'adjudant-chef Mamadou Maïga et les adjudants Madani Danté et Adama Traoré se portent bien. Nous voulons des négociations pour la suite", a-t-il dit.

Selon les observateurs, l'ancien député est à "la tête d'un tout petit groupe" qui n'est pas très influent.

"Il a trois otages. C'est important mais je crois plutôt qu'il lance un message pour signifier sa présence", a estimé un diplomate en poste à Bamako.

Cette attaque intervient alors que se déroulent depuis jeudi à Alger de nouveaux pourparlers entre rebelles touareg maliens et émissaires du gouvernement malien pour le retour de la paix dans le nord du Mali, selon une source proche du Comité de suivi de l'accord d'Alger, signé en juillet 2006 entre les deux parties.

Ce comité est composé de représentants du gouvernement malien, de ceux des rebelles et de la partie algérienne.

La délégation malienne est conduite par le ministre de l'Administration territoriale, le général Kafougouna Koné, la médiation algérienne est représentée par l'ambassadeur d'Algérie au Mali, Abdelkrim Gheraieb.

Selon le quotidien algérien El-Khabar, le chef du gouvernement algérien Ahmed Ouyahia doit superviser les négociations directes entre Bamako et les rebelles.

Avant la réunion d'Alger, la partie gouvernementale malienne avait exigé en préalable à toute véritable décrispation sur le terrain, la libération de plusieurs dizaines de ses militaires retenus en otages par la rébellion, le démantèlement des bases des rebelles et la remise du matériel militaire et des armes de l'armée régulière emportés par ces derniers lors des différents affrontements avec l'armée régulière.

De leur côté, les rebelles demandent notamment que l'armée malienne allège son dispositif militaire dans le nord du Mali et que le médiateur algérien prenne la tête du comité de suivi des accords d'Alger jusque-là dirigé par un responsable malien.

Un total de 92 militaires maliens, pris en otage en avril et mai dernier, sont aux mains des groupes rebelles touareg du nord du Mali, selon des sources concordantes.

Source : AFP

samedi 19 juillet 2008

Liste des 82 Touaregs détenus arbitrairement depuis plus d'un an au Niger.

"Contre le mutisme des organisations humanitaires : cette quinzaine mon coup de gueule s'adresse aux organisations humanitaires de part le monde qui ferment les yeux sur la tragédie qui se passe au nord de notre pays. Qu'attendent-elles pour agir? N'est-il pas temps de venir au secours de tous ces pauvres réfugiés qui grossissent les bidonvilles autour d'Arlit et d'Agadez ? Pourquoi personne ne se soucie du cas de ces déplacés ? Le comportement de l'Etat et des organisations humanitaires n'est ni plus ni moins qu'une non-assistance à personnes en danger. Pour cela, les élus d'Agadez doivent porter plainte contre l'Etat d'abord et les autres associations ensuite. Avis."

Liste des détenus :
Issouf Ag Matachi
Aghali Aboubacar
Ahmed Hama
Moustapha Karimoune
Moussana Mouha
Moussa Albaka
Aghali M’Barek
Aziz Amayagi
Abdouramane Youssouf
Attayoub Ilechiwane
Icheck Alhassane
Sidi Algafet
Mohamed Hamadi
Aghali Barka
Moussa Kaka
Aboubacar Karda
Mouhamed Emoud
Mohamed Alkabous
Mohamed Alarbi
N'Tawawène Amoumane
Mlle Amelie Ahandaka
Mme Amina Abdoussalam
Mohamed Aghali
Soumana Gouro
Abdoulaye Amadou
Ibrahim Ingad
Mohamed Fillé
Khalifa Aghali
Aboubacar Ando
Asso Grésar
Abdourahamane Mamane
Issouf Abdoulahi
Bazo Naferoune
Mohamed Abdourahamane
Ahamed Alassane
Mohamed Ghousmane
Wagaya Elane
Sani Moudi
Ibrahim Abdouramane
Ajak Wahil
Moussetan Boffane
Harouna Yahaya
Moussa Mohamed
Alhassane Ibrahim Ramar
Abdou Mamane
Mohamed Sidi
Elh. Guichene Kari
Alhassane Elilli
Elhhadj Gousmane
Tella Mohamed
Djibril Hamada
Aghali Ibrahim
Alikimine Aghali
Assalek Ikamane
AlhassaneAlhamisse
Haïballa Gado
Ahmed Mohamed
Maïnassara Baha
Issouf Alharisse
Mohamed Issaho
Issouf Founta
Idrissa Akila
M.Inchibane
M.Alkassoum
Hayatou
M.Bouba
Daouda Moussa
M.Rachid
Ezambé Achahid
Mallam Mouuma
Ibrahim RT
Mohamed Agali dit "Ebangel"

NIGER/ TANDJA responsable de l’assassinat de 100 civils au Nord Niger.

Depuis le début de l’année 2007 les « FAN » (Forces Armées Nigériennes) dont le chef et responsable se dénomme Mr Tandja Mamadou,ont assassinés plus de 100 civils.
Ces civils sont des nomades Touareg accompagnant leur troupeaux ou des passagers transitant entre le Nord Niger et l’Algérie ou de simples maraîchers. Tous étaient Touareg !
À ce jour aucune association Internationale de défense des droits de l’Homme n’a prit officiellement position sur ces crimes.
Mr Sarkozy et ses amis de AREVA, avec le soutient complice de la Chine et des autres Etats achetant des concessions au Nord Niger pour piller l’uranium, se taisent.
Combien de Touaregs Mr TANDJA pourra-t-il avoir à son tableau de chasse avant de se faire sanctionner par les plus hautes autorités internationales ?

Voici la liste des civils Touareg assassinés dont nous disposons à ce jour:

Sidi Mohamed Imolan dit Kalakoua
Abtchaw Kounfi
Aoussouk Kounfi
Idrissa Takho-Ouidane
Aghalo Moughamad
Maghmoud Moughamad
Ghousmane Ewadane
Moughmoud Tagho
Aghmad Hitane
Zeyda ag Badi
Ahmadu ag Moussa
Ghoumour ag Ahmad
Mohamed ag Akarfa
Ismaghil ag Akam
Rhissa ag Attaher
Bikim ag Ilyas
Akloua ag Hama
Oumra Lahcen
Adam Abarchi
Ghoumour Assaleh
Mohamed Atchawar
Manik Kané
Almoctar Bachir
Hamad Moussa (un religieux qui pendant toute sa vie ne s'est occupé que de ses livres saints)
Liman Houdane
Toukane Assale
Mohamed Rhissa Imolane
Ikizaba Attoulel
Mouhmoud Alain
Aboubacar (commerçant)
Mohamed Almoctar (Guinadan)
Abdousalam Amadou Zamanka
Hadda Baregha
Mahmoud Alanne
Kouzaba Attolal
Oumama Iyadane
Ibrahim Ghissa
Boulla Lachi
Hamadi Ghoumour
Idrissa
Lolo
Sidi Koummado
Inana Krima

CADAVRES DES CIVILS RETROUVÉS MORTS :
- à l'Est de Gougaram
Akassa Abdourahamane
Ilyass Abdourahamane
Abbi Ghabdoula
Badame Ghabdoula
Soulimane Tchahama
Madouwane Aoughamet

- aux environs de Tidène
Inanane Ag Karimoune

Plus un grand nombre de disparus dont les corps n'ont pas été retrouvés.

Niger/Agadez/Intimidation des civils par l'armée à Agadez

Intimidation des civils par l'armée :de notre correspondant à Niamey (jeudi 17/07/08)
"tout juste pour vous dire que tôt ce matin les militaires ont bouclé le quartier Est d'Agadez, interdisant à toutes personnes de sortir de sa maison. Ils ont perquisitionné les maisons en emportant les objets qui leurs plaisent comme font les coupeurs de route. Une réelle psychose règne comme si les rebelles sont à côté."

Attaque de Tessalit

RFI - Journal Afrique 8h30 TU (10h30 Europe)
"La brigade territoriale de Tessalit dans la Région de Kidal au Nord du Mali a été attaquée cette nuit. Trois gendarmes ont été enlevés, un véhicule de la brigade brûlé. Une attaque qui intervient au moment où se déroulent des pourparlers à Alger entre les rebelles touaregs et le gouvernement pour relancer le processus de paix."

vendredi 18 juillet 2008

Incidents à Areva

Après l'incident de la Socatri, filiaile d'Areva, le Réseau Sortir du nucléaire demande la démission de Mme Lauvergeon. Le Réseau Sortir du nucléaire estime qu'au lieu de remplacer le directeur de la Socatri, Anne Lauvergeon, PDG d'Areva, devrait démissionnée.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande la démission de Mme Lauvergeon dans l’affaire de la fuite d'uranium à la Socatri-Areva. Le réseau indique que : la Présidente d'Areva, qui depuis des années s'évertue à dissimuler la vérité sur l'industrie nucléaire comme le démontre sa gestion des rejets de la SOCATRI, doit assumer ses responsabilités.

Anne Lauvergeon, PDG d'Areva, s’est rendu aujourd'hui à l'usine de la SOCATRI, filiale d’Areva, sur le site du Tricastin. Areva vient d'annoncer par communiqué de presse (17 juillet) qu'un nouveau directeur de la SOCATRI va être nommé... ce qui revient à dire que l'actuel directeur "saute" pour sa gestion de la situation, désastreuse en terme d'image pour Areva.

Le ministre de l'écologie Borloo a déclaré ce jeudi 17 juillet au journal de 13h de France 2 qu'il souhaite "exiger une fermeté totale, des sanctions si il le faut". Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande donc à ce que ce soit Anne Lauvergeon elle-même qui démissionne. Les sanctions qu'évoque le ministre doivent être prises au plus haut niveau et non à l'encontre de cadres subalternes d'Areva, qui serviraient de boucs émissaires bien pratiques.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle que les activités d'Areva ont engendré de très graves contaminations du Niger et en France par les mines d'uranium exploitées par Areva, plusieurs graves rejets de matières radioactives à l'extérieur du site Comurhex-Areva (Aude).

De plus, il relève d’importants rejets continus dans l'environnement depuis l'usine Areva-La Hague (Manche), bien sûr, fuite(s) d'uranium depuis l'usine Socatri-Areva (Vaucluse) et très certainement de nombreux autres rejets jamais révélés...

Areva devrait être placée sous la tutelle d'une administration provisoire dont la mission principale serait de faire la vérité sur toutes les contaminations occasionnées par les installations d'Areva.

Corinne Lepage, Présidente de CAP21, s’est également exprimée pour demander une évaluation socio-économique de la filière nucléaire en France. Les incidents à répétition mettent en lumière les défaillances de la filière nucléaire, dues notamment à un sous-investissement dans la sécurité, la protection de la santé humaine et de l'environnement.

Si le Grenelle avait été complet et avait pu porter sur ce sujet, ce travail aurait pu être abordé. Il est évident qu’avant de faire, comme le veut le gouvernement, un nouveau choix pour le tout-nucléaire, cette évaluation doit être faite et comparée aux autres choix que sont l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables.

Voir aussi :
- Incident à la SOCATRI : Jean Louis BORLOO saisit le HCSTIN
- Socatri : l’IRSN dévoile les résultats de ses mesures d'uranium

Alger impose sa paix

La Situation politique et sécuritaire au Nord. Nouvelle donne dans la situation à Kidal : Alger impose sa paix

A travers la mise en place prochaine de patrouilles militaires mixtes algéro-maliennes et l’échange d’informations et de renseignements entre leurs deux armées, l’Algérie et le Mali manifestent leur volonté commune d’en finir avec le terrorisme et le banditisme armé qui sévissent dans leur espace frontalier. Ce revirement stratégique, s’il se confirme, se traduirait par une pax algeriana (paix algérienne) au bénéfice des deux états voisins et de leurs populations.

La «pax algeriana» (la paix à l’Algérienne) est en train de se mettre lentement mais sûrement en place dans l’espace frontalier entre le Mali et l’Algérie et, par voie de conséquence, dans la région de Kidal.

En effet, la toute première réunion entre officiers supérieurs algériens et maliens autour de la mise en place de patrouilles militaires mixtes et d’échanges d’informations et de renseignements pour une meilleure sécurisation de cette zone limitrophe, qui a commencé lundi 14 juillet, a pris fin, comme prévu, le mercredi 16 juillet suivant.

La délégation algérienne, dirigée par le Général Amrani Ammar, a quitté Bamako dans la nuit du même mercredi à bord du vol d’Air Algérie, emprunté également par le Général Kafougouna Koné et sa délégation, partis à Alger dans le cadre de l’évaluation de l’Accord d’Alger du 4 juillet 2006.

S’il se matérialise dans les semaines ou les mois à venir, ce projet de mise en place de patrouilles militaires mixtes algéro-maliennes sonnerait le glas du banditisme armé dans la région de Kidal. Il marquerait ainsi un tournant aussi inattendu que déterminant dans l’attitude de l’Algérie face à ce dossier.

En effet, copiant sa démarche sur celle de Bamako, l’Algérie avait, jusque-là, privilégié le dialogue dans la recherche de la paix dans la région de Kidal. C’est dans cet esprit que, sollicité en son temps à la fois par le gouvernement malien et les bandits armés alors groupés au sein de «l’Alliance du 23 mai pour le Changement», elle avait réuni les conditions pour la signature de l’Accord d’Alger du 4 juillet 2006. Un Accord qui n’a jamais fonctionné, malgré tout le contraire qu’en dit le président ATT. Et, c’est précisément l’inapplicabilité de l’Accord sur l’essentiel qui a conduit aux dernières dérives sanglantes et destructrices. Avec pour conséquence un total revirement de Bamako qui, s’il continue à psalmodier que «l’Accord d’Alger reste l’unique référence pour le retour à la paix», n’en privilégie pas moins la politique de la canonnière. Parole d’ATT dans l’émission Baro à la faveur du premier anniversaire de sa réélection à la magistrature suprême, le 8 juin dernier: «Quiconque tire un seul coup de fusil contre la République sera châtié avec une extrême rigueur».

Cette radicalisation chez les dirigeants maliens n’est pas pour déplaire à leurs homologues algériens qui, eux aussi, ont besoin d’un engagement franc et déterminé de leurs voisins du sud pour circonscrire, pourquoi pas annihiler Al Qaïda au Maghreb, pour lequel le désert malien est devenu un refuge sûr pour échapper aux forces de sécurité algériennes.

Pour sécuriser sa frontière méridionale contre les terroristes islamistes, Alger est disposée à sacrifier les bandits armés maliens qu’elle est souvent accusée, à tort ou à raison, de soutenir de diverses manières contre le gouvernement malien. Avec la création de patrouilles militaires mixtes pour traquer et éliminer à la fois le terrorisme et le banditisme armé, l’Algérie et le Mali font un pari gagnant gagnant.

Et l’Accord d’Alger dans tout cela ? Le choix des deux pays de sécuriser leur espace frontalier par des moyens militaires annonce t-il sa mise à mort prochaine ? On peut le penser dans la mesure où les bandits armés, au profit desquels il a été confectionné, ne représenteraient plus un danger réel pour le pouvoir central de Bamako. Toutefois, ce document, que nous avons critiqué et réjeté dans ses aspects qui, à nos yeux, portent atteinte à la souveraineté nationale, à l’unité et à la cohésion de nos concitoyens, survivra sûrement dans ses dispositions relatives au développement économique de la région de Kidal. Et c’est ce qui importe.

Mais il faut se garder d’aller trop vite en besogne. Le Général Kafougouna Koné se trouve depuis hier à Alger avec, dans son porte-document, les trois préalables du gouvernement portant sur la libération des otages, le démantèlement de toutes les bases terroristes dans la région de Kidal, la restitution de toutes les armes, munitions et véhicules volés. Vaste programme, comme l’on peut le constater. Attendons de voir pour apprécier.

Saouti Labass HAIDARA